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Catherine Sirguey (site ENSAIA) et Sonia Henry (site de Thionville-Yutz), maîtres de conférences à l’Université de Lorraine, ont passé récemment leur Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) sur cette thématique, chère au Laboratoire Sols et Environnement (UMR LSE, UL-INRAE). Retour sur leurs présentations.

 

Nous tenons à saluer chaleureusement nos collègues Catherine Sirguey et Sonia Henry, qui viennent d’obtenir leur Habilitation à Diriger des Recherches (HDR). Leurs soutenances ont eu lieu respectivement le vendredi 20 mars à l’ENSAIA pour Catherine et le 1er avril à l’IUT de Thionville/Yutz pour Sonia.

Leur engagement, leur expertise et leur contribution de longue date à la phytoremédiation sont largement reconnus. Leur travail s’inscrit pleinement dans les thématiques du Laboratoire Sol Environnement (LSE), dédié à la restauration des milieux dégradés.

Lors de leurs soutenances, le public a pu découvrir des synthèses passionnantes sur les stratégies de phytomanagement, incluant des approches innovantes comme la phytorhizoatténuation, la stabilisation ou la phytoextraction. Ces méthodes, fondées sur le génie écologique, offrent des solutions durables pour traiter les sols contaminés, notamment dans la région Grand Est, où de nombreux sites industriels ou anciens sites industriels présentent des multi-contaminations.

Grâce à ces approches, combinant association d’espèces végétales, procédés de dépollution et valorisation de la biomasse, il est possible de renaturer les sols, de les refonctionnaliser et de leur redonner une valeur écologique et économique.

Félicitations à toutes deux pour cette belle réussite, qui couronne des années de recherche et d’engagement !

 

HDR de Catherine Sirguey, Maître de conférences UL au Laboratoire Sols et Environnement (LSE)

« Les plantes hyperaccumulatrices pour une gestion durable et multifonctionnelle des sols contaminés".  

Résumé Les sols contaminés par les éléments en traces métalliques constituent un enjeu majeur à l’interface entre protection de l’environnement, santé humaine et transition écologique. La gestion de ces sols évolue aujourd’hui d’une logique de dépollution vers le phytomanagement, approche intégrée visant à maîtriser les risques tout en maintenant ou restaurant les services écosystémiques.

Le mémoire d’HDR de Catherine Sirguey s’inscrit dans ce changement de paradigme en plaçant les plantes hyperaccumulatrices au cœur des stratégies de gestion durable des sols contaminés. La première partie présente un état de l’art sur la fragilité des sols, les services écosystémiques qu’ils rendent et le potentiel des sols très anthropisés pour la production de biomasse, le stockage du carbone et l’approvisionnement en ressources. La deuxième partie synthétise les travaux menés sur la phytoextraction des métaux, en particulier du cadmium, à l’aide de plantes hyperaccumulatrices telles que Noccaea caerulescens, en analysant la diversité des systèmes sol–plante–microorganismes et les principaux leviers d’optimisation.  

L’ensemble du manuscrit met en évidence le rôle central des plantes hyperaccumulatrices comme outils scientifiques et opérationnels pour une gestion durable et multifonctionnelle des sols contaminés.

 

Le jury était composé de :

M. Michel Chalot, Professeur, UMR Chrono-environnement, Université Marie et Louis Pasteur / Mme. Laurence Denaix, Directrice de Recherche, UMR ISPA, INRAE / M. Thierry Lebeau, Professeur, UMR LPG-Nantes, Nantes Université

Mme. Nausicaa Noret, Professeur, EVB, Université Libre de Bruxelles / M. Thibault Sterckeman, Ingénieur de Recherche, LSE, Université de Lorraine

 

HDR de Sonia Henry, Maître de conférences UL au Laboratoire Sols et Environnement (LSE)

« Les associations plantes-microorganismes pour redonner de la valeur aux sols dégradés » 

Résumé : Les sols sont une ressource essentielle et multifonctionnelle jouant un rôle clé au travers des services qu’ils nous rendent (production de biomasse alimentaire, biomatériaux, traitements thérapeutiques, loisirs et bien-être, …). Cependant, les impacts anthropiques ont engendré de fortes dégradations de ces écosystèmes, menaçant, entre-autre, la sécurité alimentaire et la résilience des écosystèmes. Les recherches de Sonia l’ont conduite à travailler sur les sols de friches industrielles et à développer des solutions innovantes fondées sur la nature (utilisation de plantes et de micro-organismes) permettant d’améliorer la qualité (diminution des teneurs en polluant, augmentation des capacités agronomiques) et la santé des sols (aptitude des sols à fonctionner comme un écosystème vivant qui maintient ses fonctions). Les projets développés ont également permis d’explorer différentes voies de valorisation des biomasses végétales produites sur ces sites dégradés (production d’énergie, biocomposés). Ceci tend à démontrer le potentiel des friches, lorsqu’elles sont gérées en phytomanagement, pour restaurer les écosystèmes et créer des projets intégrés combinant par exemple habitats, jardins et zone artisanale au cœur des villes. Cette approche permet aussi de développer des filières de valorisation qui réduisent la concurrence avec les parcelles agricoles tout en permettant de produire des biomasses localement, à faible émission de CO2, et en favorisant l’autonomie des territoires.

 

Le jury était composé de :

Philippe BATAILLARD, Ingénieur de Recherche BRGM, Isabelle LAFFONT-SCHWOB, Professeure Aix-Marseille Université, Thierry LEBEAU, Professeur Nantes Université, Anissa LOUNES-HADJ SAHRAOUI, Professeure Université Littoral Côte d’Opale, Jean-Louis MOREL, Professeur Université de Lorraine, Stéphanie OUVRARD, Directrice de Recherche INRAE

 

 

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